Quel est le principe premier à respecter pour contrôler au mieux les risques ?
En savoir plus
Face à des substances cancérogènes dont il n’existe pas de seuil sécuritaire d’exposition, comme l’amiante, il faut maintenir les expositions aussi basses que possible et éviter toute exposition inutile à ces substances dangereuses. Ce principe s’applique en limitant l’exposition au niveau le plus bas qu’il est raisonnablement possible (1, 2).
L’importance de ce principe est à ce point reconnue que la réglementation au Québec et dans la plupart des pays comprend une obligation de réduire et de maintenir un niveau d’exposition aussi bas qu’il est raisonnablement possible (1, 3, 4).
Le principe est connu principalement sous deux acronymes (2). « ALARA », soit as low as reasonably achievable, apparemment plus utilisé en Amérique, est l’acronyme préconisé par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). C’est un principe d’exposition minimale qui « doit être appliqué en tout temps, tant pour les travailleurs que pour la population » (1, p. 259). « ALARP », soit as low as reasonably practicable, est plus fréquemment repéré dans les écrits européens et australiens (3–6).
Une activité sera jugée raisonnablement praticable si elle peut raisonnablement être déployée en garantissant la santé et la sécurité des personnes après avoir pris en compte divers éléments : la probabilité que survienne le risque; l’importance du préjudice pouvant résulter du risque; les connaissances disponibles; les moyens d’éliminer ou de minimiser le risque; et la disponibilité de ces mesures (6). Tous ces éléments devraient être pris en compte dans une démarche proactive et structurée de gestion des risques, des recommandations souvent spécifiques au domaine de la santé et sécurité au travail (7, 8, par ex.) ou encore générales et applicables à plusieurs domaines (9, par ex.).
Ces éléments sont ensuite évalués selon des facteurs sociaux et économiques (2, 10). Bien que puisés d’une publication sur la radioprotection mais transposables au domaine de l’amiante, les facteurs sociaux comprennent : « l’équité, la durabilité, les avantages individuels, les avantages sociaux, la confiance sociale [et] le point de vue du public » (10, p. 11). Les facteurs économiques incluent le coût des moyens disponibles pour éliminer ou minimiser le risque et l’impact financier des mesures de protection par rapport à l’avantage obtenu, à savoir si le coût est disproportionné par rapport au risque » (6, 10).
Ainsi, vu les enjeux sociaux, sanitaires, environnementaux et économiques associés à l’amiante, les organisations doivent décider du niveau de risque qu’elles sont prêtes à tolérer (3). Le degré de risque est donc déterminé à l’aide des preuves scientifiques, mais aussi selon les particularités du contexte financier, social et politique (3). Cette orientation apparaît néanmoins plus affirmée dans les publications portant sur le principe ALARP. Dans celles-ci, les responsables consacreraient plus de poids à des critères utilitaires et de coûts-bénéfices dans leur application du principe (5).
Des mesures de contrôle des risques doivent être mises en place pour garantir le respect du principe ALARA. Bien que les écrits consultés évoquent une hiérarchie qui varie de trois (3) à cinq niveaux (4), un consensus ressort sur une gradation de mesures selon leur efficacité, présentées ici de plus à moins efficace : l’élimination physique du risque; le remplacement du danger par une alternative moins dangereuse; l’isolement du danger; les contrôles administratifs pour changer la manière dont les gens travaillent; et la protection au moyen de protections individuelles.
Méthodologie
Les Questions/réponses de l’ONA visent à répondre aux questions soumises par la population et par les acteurs clés au sujet de la valorisation des résidus miniers amiantés dans le contexte québécois. Les réponses rapportent les meilleurs savoirs à ce propos. Ils proviennent d’une littérature scientifique à fort niveau de preuve ou de publications éditées par des organisations réputées dans le domaine de l’amiante. Les informations qui suivent détaillent la méthodologie utilisée pour parvenir à ces conclusions.
Identification des sources les plus probantes et les plus pertinentes
- Nous appuyons la réponse à cette question sur des publications grises et, accessoirement, sur des études descriptives.
- Les publications grises couvrent les plus récentes éditions, publiées entre 2015 et 2025, produites par des organisations réputées.
-
- Recherche dans les sites reconnus de pays comparables au Canada : Australie; États-Unis; France; Nouvelle-Zélande; et Royaume-Uni
- Sur ces sites, consultation initiale des formats « Foire aux questions » ou « Questions/réponses » ou « Fiches d’information »
- Inclusion également de références provenant d’autres organisations reconnues proposées par ces sites
- Les publications grises incluent également les informations contenues dans le rapport d’enquête du BAPE, vu sa pertinence pour répondre à la question.
- Les écrits scientifiques couvrent des études scientifiques descriptives récentes citées dans les publications grises.
Résumé et synthèse des contenus
- À la suite d’un premier tour de recherche documentaire, chaque publication répondant aux critères de sélection est résumée. Si requis, des tours supplémentaires de recherche sont lancés en ouvrant les critères jusqu’à ce que les éléments de réponse reflètent des consensus, soit une forte cohérence des contenus identifiés. Les savoirs résumés sont ensuite intégrés dans un texte logique et fluide sous la rubrique « Pour en savoir plus ».
- Le courtier de connaissances tire ensuite une synthèse des contenus résumés. La synthèse est rapportée en guise de « Réponse » à la question.
Références
- Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). L’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés [Internet]. Gouvernement du Québec; 2020 p. 343. Report No.: 351. Disponible sur: https://www.bape.gouv.qc.ca/fr/dossiers/etat-des-lieux-et-gestion-de-l-amiante-et-residus-miniers-amiantes/
- Ding Q, Schenk L, Hansson SO. Setting Risk-Based Occupational Exposure Limits for No-Threshold Carcinogens. Human and Ecological Risk Assessment: An International Journal [Internet]. 3 sept 2014 [cité 12 août 2025];20(5):1329‑44. Disponible sur: https://doi.org/10.1080/10807039.2013.842733
- NSW Chief Scientist & Engineer. Management of asbestos in recovered fines and recovered materials for beneficial reuse in NSW [Internet]. NSW Government; 2024 déc p. 106. Disponible sur: https://www.chiefscientist.nsw.gov.au/__data/assets/pdf_file/0018/1737/OCSE-Asbestos-Review-FINAL-PDF.pdf
- British Occupational Hygiene Society. Air monitoring and clearance inspections for reoccupation following the removal of asbestos – Student manual. 2021 juill p. 50. (International Profiency Qualification). Report No.: IP404.
- Hansson SO. Chapter 9 – ALARA: What is Reasonably Achievable? In: Oughton D, Hansson SO, éditeurs. Radioactivity in the Environment [Internet]. Elsevier; 2013. p. 143‑55. Disponible sur: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/B9780080450155000095
- WorkSafe New Zealand. Management and removal of asbestos [Internet]. New Zealang Government; 2016 [cité 30 juill 2025] p. 288. Disponible sur: https://www.worksafe.govt.nz/topic-and-industry/asbestos/management-and-removal-of-asbestos/
- Safe Work Australia. How to manage work health and safety risks [Internet]. 2024 nov p. 41. (Code of Practice). Disponible sur: https://www.safeworkaustralia.gov.au/sites/default/files/2024-11/model_code_of_practice-how_to_manage_work_health_and_safety_risks-nov24.pdf
- WorkSafe New Zealand. Managing asbestos in your building or workplace. 2024 août p. 84. (Good Practice Guidelines).
- Risk management [Internet]. Sydney: Standards Australia et Standards New Zealand; 2004 p. 39. (Australian, New Zealand Standard). Report No.: AS/NZS 4360:2004. Disponible sur: http://mkidn.gov.pl/media/docs/pol_obronna/20150309_3-NZ-AUST-2004.pdf
- Commission canadienne de sûreté nucléaire. Radioprotection [Internet]. Gouvernement du Canada; 2025 avr [cité 12 août 2025] p. 97. Report No.: REGDOC-2.7.1, version 1.1. Disponible sur: https://api.cnsc-ccsn.gc.ca/dms/digital-medias/REGDOC-2-7-1-V-1-1-Radiation-Protection-fra.pdf/object
