Quels sont les deux principaux groupes minéralogiques d’amiante qui ont été exploités et commercialisés ?

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Il existe deux principaux groupes minéralogiques d’amiante. Le groupe des serpentines inclut le chrysotile. Le groupe des amphiboles comprend cinq principaux types d’amiante : l’anthophyllite, l’amosite, l’actinolite, la trémolite et la crocidolite (1, 2).

Les fibres de serpentine se présentent sous une forme longue, flexible et recourbée, pouvant être entrelacées. Les fibres d’amphiboles sont plutôt droites et raides, généralement cassantes, ayant l’aspect d’aiguilles (3).

En fait, les groupes des serpentines et des amphiboles comportent de nombreux minéraux qui sont considérés asbestiformes ou non selon leur habitus (aspect extérieur et forme générale d’un cristal), leur similarité sur le plan chimique ne suffisant pas. Un même type minéral (par exemple, un polymorphe de la trémolite ou de l’actinolite) peut apparaître sous une forme ou l’autre selon les conditions géologiques, voire porter le même nom. Ainsi, pour les amphiboles, on compte une trentaine de minéraux parmi lesquels les cinq types nommés précédemment ont été identifiés comme pouvant avoir une forme fibreuse asbestiforme. Le caractère asbestiforme est confirmé par une analyse en laboratoire (4). Quant au groupe des serpentines, le chrysotile représente le type asbestiforme le plus répandu.

« Au Québec, seules les fibres de chrysotile ont été exploitées » (1, p. 7). Au Québec et au Canada, les minerais exploités étaient presque complètement exempts d’amphibole asbestiforme, les filons contenant essentiellement du chrysotile selon une étude descriptive (5, 6). On a cependant repéré des traces d’amphiboles dans les résidus miniers, par exemple de l’actinolite dans les haldes de la mine Normandie (7).

Méthodologie

Les Questions/réponses de l’ONA visent à répondre aux questions soumises par la population et par les acteurs clés au sujet de la valorisation des résidus miniers amiantés dans le contexte québécois. Les réponses rapportent les meilleurs savoirs à ce propos. Ils proviennent d’une littérature scientifique à fort niveau de preuve ou de publications éditées par des organisations réputées dans le domaine de l’amiante. Les informations qui suivent détaillent la méthodologie utilisée pour parvenir à ces conclusions.

Identification des sources les plus probantes et les plus pertinentes

  • Nous appuyons la réponse sur des publications grises, principalement devant l’évidence des savoirs au sujet des deux principaux groupes d’amiante, ainsi que sur des écrits scientifiques. 
  • Les publications grises couvrent les plus récentes éditions, publiées entre 2015 et 2025, produites par des organisations réputées.
    • Recherche dans les sites reconnus de pays comparables au Canada : Australie; États-Unis; France; Nouvelle-Zélande; et Royaume-Uni
    • Sur ces sites, consultation initiale des formats « Foire aux questions » ou « Questions/réponses » ou « Fiches d’information »
    • Inclusion également de références provenant d’autres organisations reconnues proposées par ces sites
  • Les publications grises incluent également les informations contenues dans le rapport d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), vu sa pertinence pour répondre à la question.
  • Les écrits scientifiques concernent des études descriptives québécoises dans le but non pas d’exposer un consensus, mais d’ajouter des informations évocatrices de la réalité québécoise. Dans pareil cas, le texte précise que le contenu provient d’une étude descriptive.

Résumé et synthèse des contenus

  • À la suite d’un premier tour de recherche documentaire, chaque publication répondant aux critères de sélection est résumée. Lorsque requis, des tours supplémentaires de recherche sont lancés en ouvrant les critères jusqu’à ce que les éléments de réponse reflètent des consensus, soit une forte cohérence des contenus identifiés. Les savoirs résumés sont ensuite intégrés dans un texte logique et fluide sous la rubrique « Pour en savoir plus ».
  • Le courtier de connaissances tire ensuite une synthèse des contenus résumés. La synthèse est rapportée en guise de « Réponse » à la question.
  • La fiche Question/réponse a été soumise à madame Claude Lamy Morissette (M. Sc. géo., chargée de projet au secteur minéral, Coalia) pour validation. La présente version intègre les améliorations issues de son analyse.

Références

  1. Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). L’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés [Internet]. Gouvernement du Québec; 2020 p. 343. Report No.: 351. Disponible sur: https://www.bape.gouv.qc.ca/fr/dossiers/etat-des-lieux-et-gestion-de-l-amiante-et-residus-miniers-amiantes/
  2. ANSES – Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. L’amiante: un sujet toujours d’actualité [Internet]. 2024 [cité 23 juill 2025]. Disponible sur: https://www.anses.fr/fr/content/lamiante-sujet-toujours-dactualite
  3. CCHST – Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail. Gouvernement du Canada. [cité 15 sept 2025]. Amiante – Qu’est-ce que c’est? Disponible sur: https://www.cchst.ca/oshanswers/chemicals/asbestos/whatis.html
  4. Moulin I, Rossini D, Souchu P, Millan T. Caractérisation de l’amiante dans une matrice solide: État de l’art et Guide de recommandations des bonnes pratiques [Internet]. RECORD; 2018 p. 102. Report No.: Étude No 16-0163/1A. Disponible sur: https://record-net.org/media/etudes/204/public/rapport/rapport-record16-0163-1a.pdf
  5. Frank AL, Dodson RF, Williams MG. Carcinogenic implications of the lack of tremolite in UICC reference chrysotile. American Journal of Industrial Medicine [Internet]. 1998 [cité 22 juill 2025];34(4):3147. Disponible sur: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/%28SICI%291097-0274%28199810%2934%3A4%3C314%3A%3AAID-AJIM3%3E3.0.CO%3B2-S
  6. William-Jones A, Normand C, Clark J, Vali H, Martin R, Dufresne A, et al. Controls of amphibole formation in chrysotile deposits: Evidence from the Jeffrey Mine, Asbestos, Quebec. Canadian Mineralogist [Internet]. 2021 [cité 22 juill 2025];5:89104. Disponible sur: https://hero.epa.gov/hero/index.cfm/reference/details/reference_id/3086995

7. Y. Thibault, CanmetMINES. Caractérisation minéralogique d’échantillons de surface de résidus miniers produits par l’extraction du chrysotile dans la région de Thetford Mines (Québec). Ressources naturelles Canada; 2011 déc p. 86. Report No.: LMSM no P-000050.001.