Existe-t-il un seuil d’exposition aux fibres d’amiante qui soit sécuritaire ?

En savoir plus

Il n’existe pas de seuil d’exposition qui soit jugé sécuritaire, à savoir une dose seuil d’exposition en deçà de laquelle on peut affirmer avec certitude que des cancers ou d’autres pathologies ne seront pas développés (1, 2).

Plus une personne est exposée à l’amiante, plus grand sera le risque de développer des problèmes de santé (3). En fait, une faible intensité d’exposition (même en dessous de 1 fibre/ml d’air) peut être associée au développement d’une amiantose si la durée d’exposition se fait sur une longue période. Le risque demeure significatif si la durée d’exposition est courte, mais que l’intensité de l’exposition est élevée (4). Les symptômes d’une maladie liée à l’amiante peuvent prendre de 10 à 40 ans à apparaître (2), voire jusqu’à 60 ans (5)

Cependant, les fibres de chrysotile n’induisent pas les mêmes niveaux de risque pour la santé que les fibres d’amphiboles (2, 6–10). Par exemple, les fibres de chrysotile sont moins nocives que les fibres d’amphiboles par rapport au risque de développer un mésothéliome (2, 6).

Une récente analyse de 2023 ne rapporte, dans les études de cohortes consultées, aucun cas de mésothéliome lorsque l’exposition cumulative moyenne au chrysotile est inférieure à une certaine limite de concentration en f/cm3 par journée de travail sur un nombre d’années d’exposition donné (f/cm3 x années), en excluant les études de risque réalisées dans l’industrie du textile (6)

Méthodologie

Les Questions/réponses de l’ONA visent à répondre aux questions soumises par la population et par les acteurs clés au sujet de la valorisation des résidus miniers amiantés dans le contexte québécois. Les réponses rapportent les meilleurs savoirs à ce propos. Ils proviennent d’une littérature scientifique à fort niveau de preuve ou de publications éditées par des organisations réputées dans le domaine de l’amiante. Les informations qui suivent détaillent la méthodologie utilisée pour parvenir à ces conclusions.

Identification des sources les plus probantes et les plus pertinentes

  • Nous appuyons la réponse sur des écrits scientifiques et sur des publications grises.
  • Les écrits scientifiques couvrent les études scientifiques récentes, soit de 2015 à 2025, qui présentent un fort niveau de preuve, soit les méta-analyses ou les revues systématiques. 
    • Construction des requêtes à partir de mots clés présents dans l’abrégé de l’article : [asbestos OR chrysotile OR serpentine OR amphibole OR crocidolite OR amosite OR actinolite] AND [meta-analysis OR systematic review]
    • Lancement de requêtes dans les bases de données : ABI/INFORM; CAIRN Info; MEDLINE; Scopus; et WEB of Science
    • Validation de l’exhaustivité de la couverture de tous les domaines concernés en lançant les requêtes dans GOOGLE SCHOLAR
    • Limitations : 2015-2025
    • Exclusions : étude sur un pays spécifique sauf si ce pays est le Canada; exposition étudiée à un produit spécifique manufacturé contenant de l’amiante; exposition étudiée qui exclut l’activité minière
    • Vérification pour rejeter les revues prédatrices
  • Les écrits scientifiques peuvent également concerner des études descriptives québécoises dans le but non pas d’exposer un consensus, mais d’ajouter des informations évocatrices de la réalité québécoise. Dans pareil cas, le texte précise que le contenu provient d’une étude descriptive.
  • Les publications grises couvrent les plus récentes éditions, publiées entre 2015 et 2025, produites par des organisations réputées.
    • Recherche dans les sites reconnus de pays comparables au Canada : Australie; États-Unis; France; Nouvelle-Zélande; et Royaume-Uni
    • Sur ces sites, consultation initiale des formats « Foire aux questions » ou « Questions/réponses » ou « Fiches d’information »
    • Inclusion également de références provenant d’autres organisations reconnues proposées par ces sites

Résumé et synthèse des contenus

  • À la suite d’un premier tour de recherche documentaire, chaque publication répondant aux critères de sélection est résumée. Si requis, des tours supplémentaires de recherche sont lancés en ouvrant les critères jusqu’à ce que les éléments de réponse reflètent des consensus, soit une forte cohérence des contenus identifiés. Les savoirs résumés sont ensuite intégrés dans un texte logique et fluide sous la rubrique « Pour en savoir plus ».
  • Le courtier de connaissances tire ensuite une synthèse des contenus résumés. La synthèse est rapportée en guise de « Réponse » à la question.

Références

  1. Santos C, Dixe M dos A, Sacadura-Leite E, Astoul P, Sousa-Uva A. Asbestos Exposure and Malignant Pleural Mesothelioma: A Systematic Review of Literature. Portuguese Journal of Public Health [Internet]. 2023;40(3):188202. Disponible sur: https://doi.org/10.1159/000527971
  2. National Cancer Institute (NCI). Asbestos Exposure and Cancer Risk Fact Sheet – NCI [Internet]. 2024 [cité 17 juill 2025]. Disponible sur: https://www.cancer.gov/about-cancer/causes-prevention/risk/substances/asbestos/asbestos-fact-sheet
  3. EPA US. Learn About Asbestos [Internet]. 2024 [cité 22 juill 2025]. Disponible sur: https://www.epa.gov/asbestos/learn-about-asbestos
  4. Trine Østergaard, Jakob Hjort Bønløkke, David Sherson, Harald W. Meyer, Saher Burhan Shaker, Jesper Bælum, et al. Systematic review of the association between exposure to asbestos and the development of asbestosis [Internet]. The Danish Working Environment Research Fund; 2024 p. 84. Disponible sur: https://www.aes.dk/dokument/udredningsrapport-om-lungeasbestose-inkl-dansk-resume
  5. Asbestos and Silica Safety and Eradication Agency. Communicating asbestos facts and figures to the public [Internet]. Australian Government; 2025 mars p. 32. (Asbestos National Strategic Plan – Implementation 2024-30). Disponible sur: https://www.asbestossafety.gov.au/sites/default/files/documents/2022-11/Communicating%20asbestos%20facts%20and%20figures%20guide_3.PDF
  6. Darnton L. Quantitative assessment of mesothelioma and lung cancer risk based on Phase Contrast Microscopy (PCM) estimates of fibre exposure: an update of 2000 asbestos cohort data. Environmental Research [Internet]. 1 août 2023 [cité 22 juill 2025];230:114753. Disponible sur: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013935122020801
  7. Kwak K, Kang D, Paek D. Environmental exposure to asbestos and the risk of lung cancer: a systematic review and meta-analysis. Occup Environ Med [Internet]. 2021 [cité 22 juill 2025];79(3):20714. Disponible sur: https://oem.bmj.com/content/79/3/207
  8. Xu R, Barg FK, Emmett EA, Wiebe DJ, Hwang WT. Association between mesothelioma and non-occupational asbestos exposure: systematic review and meta-analysis. Environ Health [Internet]. 19 déc 2018 [cité 22 juill 2025];17(90). Disponible sur: https://doi.org/10.1186/s12940-018-0431-9
  9. Marsh GM, Riordan AS, Keeton KA, Benson SM. Non-occupational exposure to asbestos and risk of pleural mesothelioma: review and meta-analysis. Occup Environ Med [Internet]. 1 nov 2017;74(11):838. Disponible sur: http://oem.bmj.com/content/74/11/838.abstract
  10. Cole S, Hay S, Mitcheson B. Discussion Paper on Guidelines for Airborne Concentrations of Asbestos Fibres in Ambient Air: Implications for Quantitative Risk Assessment [Internet]. SoBRA, The Society of Brownfield Risk Assessment; 2021 p. 36. Disponible sur: https://sobra.org.uk/?pmpro_getfile=1&file=2021/02/SoBRA-White-paper-on-tolerable-asbestos-concentrations-in-air_January2021-revision&ext=pdf