LES QUESTIONS/RÉPONSES DE L’ONA SUR LA VALORISATION DES RÉSIDUS MINIERS AMIANTÉS
Nous avons produit cette section de « Questions/réponses » dans le but d’offrir une base commune de savoirs solides. Ces savoirs portent sur la gestion et la valorisation des résidus miniers amiantés (RMA). Ils s’adressent à la population, aux acteurs clés et aux groupes intéressés par la question des RMA.
Les « Questions » proviennent de préoccupations exprimées par la population et de besoins formulés par des acteurs clés.
Les « Réponses » rapportent les consensus puisés dans les publications récentes ayant les plus forts niveaux de preuve scientifique et dans les avis exprimés par des organisations réputées expertes dans le domaine de l’amiante. Elles sont complétées par les conclusions du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) (2020) qui reflètent un consensus québécois.
L’Observatoire national de l’Amiante (ONA) estime que cette base commune de savoirs partagés par toutes les personnes et par tous les groupes intéressés aux RMA contribuera à faciliter les échanges pour parvenir à des solutions consensuelles, sécuritaires, profitables et durables.
Vous trouverez donc ici une réponse résumée pour chacune des questions regroupées en thèmes d’intérêt. Si vous désirez en savoir plus, en cliquant sur les liens, vous pourrez accéder à une réponse plus détaillée, à la méthode utilisée pour capter les savoirs ainsi qu’aux références d’où proviennent les réponses.
Attention ! Les « Questions/réponses » ne répondent pas à toutes les préoccupations au sujet de l’amiante pour trois raisons. D’abord, nous ne disposons pas de consensus pour répondre à toutes les questions. Ensuite, nous focalisons nos efforts sur la valorisation des résidus miniers amiantés. Enfin, nous ciblons les connaissances qui s’appliquent au mieux à notre réalité québécoise.
Si vous avez des interrogations ou des commentaires sur les Questions/réponses, ou encore si vous voulez nous soumettre une nouvelle question, écrivez-nous à ONA_infos@cegepthetford.ca.
Au Québec, lorsqu’il est question de « valorisation des résidus miniers amiantés », nous ne parlons pas de récupérer l’amiante pour en faire de nouveaux produits. Nous pensons plutôt à des actions qui visent le recyclage ou le réemploi des résidus.
Concrètement, la valorisation des résidus miniers amiantés prend généralement la forme de trois principales activités : la végétalisation des haldes; l’exploitation des métaux et des matières premières qui s’y trouvent; et la disposition sécuritaire des plaques de revêtement routier qui contiennent de l’asphalte additionné d’amiante.
Mais attention. Quelle que soit l’activité privilégiée, puisque l’amiante est un contaminant, aucune valorisation de résidus miniers amiantés ne doit entraîner une augmentation de l’exposition de la population aux fibres d’amiante. Les travaux en présence d’amiante doivent être réalisés sous de strictes conditions.
[Juillet 2025]
Le statu quo, soit le maintien des haldes de résidus miniers amiantés (RMA) dans leur situation actuelle, n’est généralement pas souhaitable pour les personnes et les groupes consultés dans les audiences publiques tenues en 2020 au Québec.
Il faut cependant éviter toute augmentation de l’exposition à l’amiante dans les projets de valorisation des RMA, autant chez les travailleurs que dans la population générale.
[Juillet 2025]
Il existe dix principes recommandés par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) qui devraient nous inspirer pour définir un cadre de valorisation des résidus miniers amiantés (RMA) au Québec. Ce cadre servirait à baliser nos actions sociétales pour répondre aux enjeux sur ce sujet.
Ces principes sont les suivants :
- La santé et la sécurité des personnes sont au cœur des préoccupations.
- Le processus d’indemnisation des travailleurs doit être simple et humain.
- L’accroissement des recherches et des suivis constitue une assise essentielle et prioritaire.
- La destruction des fibres d’amiante est requise dans toute valorisation pour l’extraction de métaux et de matières premières.
- L’identification spécifique des fibres d’amiante est un enjeu crucial.
- L’information et la formation sont des éléments centraux.
- L’équité territoriale et intergénérationnelle constitue un aspect important de la justice sociale.
- La restauration et la végétalisation des haldes de RMA en bordure des cours d’eau sont prioritaires.
- Les travaux en présence d’amiante doivent être réalisés sous de strictes conditions.
- La convergence, l’harmonisation et la mise à jour des différentes réglementations relatives à l’amiante sont requises.
[Juillet 2025]
Il existe deux principaux groupes d’amiante : les serpentines dont fait partie le chrysotile; et les amphiboles qui incluent cinq principaux types d’amiante, soit l’anthophyllite, l’amosite, l’actinolite, la trémolite et la crocidolite. Les fibres de serpentine se présentent sous une forme longue, flexible et recourbée tandis que les fibres d’amphiboles sont plutôt droites et raides.
Au Québec, jusqu’en 2012, nous n’avons exploité que les fibres de chrysotile.
[Juillet 2025]
L’amiante, quel que soit le type ou la longueur des fibres, est formellement reconnu comme toxique pour la santé humaine. Cette reconnaissance repose sur un large consensus scientifique et figure dans la législation canadienne.
Il existe cependant une controverse sur la toxicité relative du chrysotile par rapport aux amphiboles : le chrysotile est jugé moins toxique.
[Juillet 2025]
Les résidus miniers amiantés contiennent de l’amiante qui est reconnue comme dangereuse pour la santé humaine ce qui leur confère une certaine dangerosité. En ce sens, leur manipulation doit se faire en s’assurant d’éviter tout impact sur la santé et l’environnement.
[Juillet 2025]
Face à des substances cancérogènes pour lesquelles il n’existe pas de seuil sécuritaire d’exposition, comme l’amiante, il faut s’assurer de deux choses : maintenir les expositions aussi basses que possible; et éviter toute exposition inutile à ces substances dangereuses. Ce principe s’appelle « ALARA », soit as low as reasonably achievable ou aussi bas que raisonnablement possible, en français.
Une activité est jugée raisonnablement praticable si elle peut être déployée en garantissant la santé et la sécurité des personnes en considérant des facteurs sociaux et économiques. Les facteurs sociaux comptent par exemple les avantages individuels et le point de vue du public. Les facteurs économiques incluent le coût des moyens disponibles pour éliminer ou minimiser le risque ainsi que l’impact financier des mesures de protection par rapport à l’avantage obtenu. Le degré de risque toléré est donc déterminé à l’aide des preuves scientifiques, mais aussi selon les particularités du contexte social, financier et politique.
Enfin, des mesures de contrôle des risques doivent être mises en place pour garantir le respect du principe ALARA.
[Juillet 2025]
Lorsqu’on parle d’exposition à l’amiante, on distingue deux principales situations. Il y a celle où une personne est exposée dans le cadre de son travail, soit l’exposition professionnelle. Il y a également la situation où une personne est exposée en dehors de son emploi, par exemple dans son milieu de vie, appelée exposition non professionnelle ou environnementale.
L’exposition non professionnelle ou environnementale comprend deux principales sources d’exposition. L’exposition de voisinage correspond au fait de vivre à proximité d’une mine d’amiante ou d’une usine transformant de l’amiante. L’exposition domestique représente le fait d’être en contact avec des matériaux contenant de l’amiante chez soi ou de vivre sous le même toit que des personnes exposées au travail.
L’exposition non professionnelle ou environnementale à l’amiante s’avère plus difficile à évaluer que l’exposition professionnelle. Trois principales raisons expliquent cela : la faiblesse des concentrations de fibres dans l’air généralement rencontrées; le manque d’informations tant sur la fréquence que sur la durée de l’exposition; enfin, la méconnaissance de la nature des fibres.
[Juillet 2025]
Les trois principales maladies associées à une exposition à l’amiante sont : le cancer du poumon, le mésothéliome de la plèvre et l’amiantose.
Puisque l’inhalation est la principale voie d’entrée des fibres d’amiante dans l’organisme, les risques pour la santé concernent surtout les maladies du système respiratoire. Les fibres restent piégées dans les poumons et y demeurent pour une longue période, pouvant s’accumuler puis causer des cicatrices et de l’inflammation. Il en résulte alors de sérieux problèmes de santé.
Nous sommes tous exposés à l’amiante à un moment donné dans notre vie, généralement à de faibles concentrations présentes dans le sol, dans l’air et dans l’eau qui ne susciteront pas de maladie chez la plupart des gens. Cependant, plus une personne est exposée à des concentrations élevées et pendant longtemps, plus le risque de développer une maladie s’accroît.
L’exposition au chrysotile est surtout associée au risque de développer un cancer du poumon, tandis que l’exposition aux amphiboles est surtout associée au risque de développer un mésothéliome. Le délai entre l’exposition à l’amiante et l’apparition de la maladie peut être de plus de 40 années.
[Juillet 2025]
En plus du lien bien documenté de l’amiante avec le cancer du poumon, le mésothéliome de la plèvre et l’amiantose, il existe un risque connu de développer un cancer de l’ovaire ou un cancer du larynx après avoir été exposé à des fibres d’amiante dans le cadre d’activités professionnelles. Ce risque s’avère supérieur pour des personnes exposées aux fibres d’amphiboles.
D’autres pathologies sont également associées à l’amiante, dont des plaques pleurales, des pleurésies et des fibroses pleurales. On suspecte également d’autres cancers, mais les preuves sont encore insuffisantes pour conclure que l’amiante en serait la cause. Nous pensons au cancer colorectal, au cancer du pharynx et au cancer de l’estomac.
Il faut poursuivre les efforts pour minimiser l’exposition à l’amiante.
[Juillet 2025]
Non, toutes les formes d’amiante sont reconnues comme des substances cancérogènes et à risque pour la santé. Les fibres d’amiante peuvent entraîner des cancers ou d’autres pathologies, dont l’amiantose. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré le caractère cancérogène de l’amiante dès 1986.
Le chrysotile correspond à une des formes d’amiante. Il a été extrait des mines des régions de Thetford Mines et de Val-des-Sources.
[Juillet 2025]
Toute exposition à l’amiante peut causer des problèmes de santé au regard de l’intensité et de la durée des contacts avec les fibres. Une intensité plus élevée et une durée plus longue accroissent le risque de développer des pathologies liées à l’amiante.
L’exposition non professionnelle ou environnementale inclut généralement l’exposition de voisinage et l’exposition domestique. Les niveaux d’exposition environnementale sont généralement plus bas que ceux liés à l’exposition professionnelle et ils dépendent beaucoup des circonstances d’exposition. Identifier les causes de l’exposition et mesurer les concentrations demeure un défi.
L’exposition non professionnelle ou environnementale à l’amiante est rarement jugée suffisante pour provoquer une amiantose et le risque semble plus faible de développer un cancer. Chose certaine, l’exposition aux fibres d’amphibole présente un risque supérieur de développer un cancer par rapport aux fibres de chrysotile.
[Juillet 2025]
Oui, chez les travailleurs exposés à l’amiante, l’interaction entre le tabagisme et l’exposition à l’amiante accroît le risque de développer un cancer du poumon. Cependant, cette combinaison de facteurs, tabagisme et exposition à l’amiante, ne semble pas augmenter le risque de développer un mésothéliome.
En d’autres termes, les personnes qui fument et sont exposées à l’amiante présentent un risque de cancer du poumon plus élevé que celles qui ne fument pas, que celles qui fument seulement ou que celles qui sont uniquement exposées à l’amiante.
[Juillet 2025]
Non, il n’existe pas de seuil d’exposition qui soit jugé sécuritaire. Autrement dit, nous ne connaissons pas de seuil en dessous duquel on peut garantir l’absence d’effets néfastes pour la santé qui peuvent prendre de 10 à 40 ans, voire plus, pour apparaître.
En fait, une faible intensité d’exposition peut occasionner le développement d’une amiantose si l’exposition se produit sur une longue période. Toutefois, une courte durée d’exposition peut aussi être associée au développement de l’amiantose si l’intensité de l’exposition est élevée.
Le niveau de risque diffère cependant entre une exposition aux fibres de chrysotile et une exposition aux fibres d’amphibole, les premières étant jugées moins toxiques.
[Juillet 2025]
Il faut d’abord savoir deux choses :
- Les fibres d’amiante qui flottent dans l’air sont invisibles à l’œil nu.
- Il est difficile de mesurer avec précision combien il y a de fibres dans l’air, car les résultats changent beaucoup selon l’endroit et le moment où on les mesure.
Même une faible quantité d’amiante dans l’air peut poser un risque pour la santé si l’exposition dure longtemps. Pour réduire ces risques, des limites ont été fixées concernant le nombre de fibres auquel une personne peut être exposée. Toutefois, ces limites ne garantissent pas une sécurité totale : ce sont plutôt des compromis entre protection de la santé et réalité du terrain.
Au Québec, depuis 2022, la limite permise de la concentration moyenne de fibres dans la zone respiratoire d’un travailleur par journée de travail est établie à 0,1 fibre/cm3 pour tous les types d’amiante. Le gouvernement fédéral et plusieurs autres pays à revenu élevé ont adopté la même norme.
Il existe aussi une quantité normale de fibres d’amiante qu’on peut retrouver dans l’air extérieur, appelée « niveau ambiant » ou « bruit de fond ». Lors de travaux de valorisation des résidus miniers contenant de l’amiante, il est important de ne pas augmenter ce niveau pour ne pas nuire à la santé des gens vivant à proximité.
[Juillet 2025]

