L’amiante est-elle une substance toxique ?

En savoir plus

Déjà en 1986, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) statuait que l’amosite, la crocidolite et le chrysotile étaient cancérogènes et qu’il n’existait pas de seuil d’exposition sécuritaire (1).

Les études ont depuis continué à accumuler les preuves qui confirment la toxicité de l’amiante, que les fibres soient longues ou courtes (1, 2).

Le Centre international de la recherche sur le cancer (CIRC), soit l’agence de recherche sur le cancer de l’OMS, classe même l’amiante dans le groupe des agents cancérogènes avérés ou certains pour l’homme (groupe 1) (1,3).

Au Canada, en 1999, l’amiante a été inscrit dans la liste des substances toxiques en vertu de la Loi canadienne de la protection de l’environnement, comme une substance à utilisation restreinte (Annexe 1, partie 3) (4).

En 2020, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) notait une controverse sur la toxicité relative des types d’amiante, le chrysotile étant jugé moins toxique que les types amphiboles. Plusieurs études publiées depuis confirment cette distinction (3,5–9).

Enfin, au sujet du chrysotile, des études récentes à niveau de preuve élevé concluent à des risques différents pour la santé selon que les travailleurs y sont exposés dans un contexte d’extraction minière ou dans une industrie textile, cette seconde exposition s’avérant plus toxique (5, 10).

Méthodologie

Les Questions/réponses de l’ONA visent à répondre aux questions soumises par la population et par les acteurs clés au sujet de la valorisation des résidus miniers amiantés dans le contexte québécois. Les réponses rapportent les meilleurs savoirs à ce propos. Ils proviennent d’une littérature scientifique à fort niveau de preuve ou de publications éditées par des organisations réputées dans le domaine de l’amiante. Les informations qui suivent détaillent la méthodologie utilisée pour parvenir à ces conclusions.

Identification des sources les plus probantes et les plus pertinentes

  • Nous appuyons la réponse sur des écrits scientifiques et sur des publications grises.
  • Les écrits scientifiques couvrent les études scientifiques récentes, soit de 2015 à 2025, qui présentent un fort niveau de preuve, soit les méta-analyses ou les revues systématiques. 
    • Construction des requêtes à partir de mots clés présents dans l’abrégé de l’article : [asbestos OR chrysotile OR serpentine OR amphibole OR crocidolite OR amosite OR actinolite] AND [meta-analysis OR systematic review]
    • Lancement de requêtes dans les bases de données : ABI/INFORM; CAIRN Info; MEDLINE; Scopus; et WEB of Science
    • Validation de l’exhaustivité de la couverture de tous les domaines concernés en lançant les requêtes dans GOOGLE SCHOLAR
    • Limitations : 2015-2025
    • Exclusions : étude sur un pays spécifique sauf si ce pays est le Canada; exposition étudiée à un produit spécifique manufacturé contenant de l’amiante; exposition étudiée qui exclut l’activité minière
    • Vérification pour rejeter les revues prédatrices
  • Les écrits scientifiques peuvent également concerner des études descriptives québécoises dans le but non pas d’exposer un consensus, mais d’ajouter des informations évocatrices de la réalité québécoise. Dans pareil cas, le texte précise que le contenu provient d’une étude descriptive.
  • Les publications grises couvrent les plus récentes éditions, publiées entre 2015 et 2025, produites par des organisations réputées.
    • Recherche dans les sites reconnus de pays comparables au Canada : Australie; États-Unis; France; Nouvelle-Zélande; et Royaume-Uni
    • Sur ces sites, consultation initiale des formats « Foire aux questions » ou « Questions/Réponses » ou « Fiches d’information »
    • Inclusion également de références provenant d’autres organisations reconnues proposées par ces sites
  • Les publications grises incluent également les informations contenues dans le rapport d’enquête du BAPE vu sa pertinence pour répondre à la question.

 

Résumé et synthèse des contenus

  • À la suite d’un premier tour de recherche documentaire, chaque publication répondant aux critères de sélection est résumée. Si requis, des tours supplémentaires de recherche sont lancés en ouvrant les critères jusqu’à ce que les éléments de réponse reflètent des consensus, soit une forte cohérence des contenus identifiés. Les savoirs résumés sont ensuite intégrés dans un texte logique et fluide sous la rubrique « Pour en savoir plus ».
  • Le courtier de connaissances tire ensuite une synthèse des contenus résumés. La synthèse est rapportée en guise de « Réponse » à la question.

Références

  1. Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). L’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés [Internet]. Gouvernement du Québec; 2020 p. 343. Report No.: 351. Disponible sur: https://www.bape.gouv.qc.ca/fr/dossiers/etat-des-lieux-et-gestion-de-l-amiante-et-residus-miniers-amiantes/
  2. Santos C, Dixe M dos A, Sacadura-Leite E, Astoul P, Sousa-Uva A. Asbestos Exposure and Malignant Pleural Mesothelioma: A Systematic Review of Literature. Portuguese Journal of Public Health [Internet]. 2023;40(3):188202. Disponible sur: https://doi.org/10.1159/000527971
  3. National Cancer Institute (NCI). Asbestos Exposure and Cancer Risk Fact Sheet – NCI [Internet]. 2024 [cité 17 juill 2025]. Disponible sur: https://www.cancer.gov/about-cancer/causes-prevention/risk/substances/asbestos/asbestos-fact-sheet
  4. Gouvernement du Canada. Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [Internet]. L.C. 1999, ch. 33 p. 309. Disponible sur: https://laws-lois.justice.gc.ca/PDF/C-15.31.pdf
  5. Darnton L. Quantitative assessment of mesothelioma and lung cancer risk based on Phase Contrast Microscopy (PCM) estimates of fibre exposure: an update of 2000 asbestos cohort data. Environmental Research [Internet]. 1 août 2023 [cité 22 juill 2025];230:114753. Disponible sur: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013935122020801
  6. Kwak K, Kang D, Paek D. Environmental exposure to asbestos and the risk of lung cancer: a systematic review and meta-analysis. Occup Environ Med [Internet]. 2021 [cité 22 juill 2025];79(3):20714. Disponible sur: https://oem.bmj.com/content/79/3/207
  7. Xu R, Barg FK, Emmett EA, Wiebe DJ, Hwang WT. Association between mesothelioma and non-occupational asbestos exposure: systematic review and meta-analysis. Environ Health [Internet]. 19 déc 2018 [cité 22 juill 2025];17(90). Disponible sur: https://doi.org/10.1186/s12940-018-0431-9
  8. Marsh GM, Riordan AS, Keeton KA, Benson SM. Non-occupational exposure to asbestos and risk of pleural mesothelioma: review and meta-analysis. Occup Environ Med [Internet]. 1 nov 2017;74(11):838. Disponible sur: http://oem.bmj.com/content/74/11/838.abstract
  9. Cole S, Hay S, Mitcheson B. Discussion Paper on Guidelines for Airborne Concentrations of Asbestos Fibres in Ambient Air: Implications for Quantitative Risk Assessment [Internet]. SoBRA, The Society of Brownfield Risk Assessment; 2021 p. 36. Disponible sur: https://sobra.org.uk/?pmpro_getfile=1&file=2021/02/SoBRA-White-paper-on-tolerable-asbestos-concentrations-in-air_January2021-revision&ext=pdf
  10. Rong Y, Luo X, Zhang Z, Cui X, Liu Y, Chen W. Occupational exposure to asbestos and cardiovascular related diseases: A meta-analysis. Preventive Medicine Reports [Internet]. 1 janv 2015;2:920‑6. Disponible sur: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2211335515001473